| | mier jour, j'ai repéré un mauvais accord. Cependant mon employeur ne voulait pas m apprendre. Alors je l'ai fait seul. Une fois les ateliers fermés, je restais souvent le soir et je m'entraînais. De même, mon patron ne comprenait pas comment je pouvais aller au concert après une rude journée de travail. Mais c'est justement après de telles journées qu'il faut y aller ! » Accords et désaccords Et c'est en se perfectionnant dans les réglages que Patrice Sauvageot fit la connaissance d'un pianiste, organisateur des « Rencontres musicales de Cluny », Cyril Huvé. « Il a voulu que j'examine son piano, un Erard de 1856 qu'il avait acheté à un restaurateur parisien. Je lui ai préparé ce piano pour son enregistrement de l'intégrale des Lieder de Liszt (Adda AD 484). Et alors que la restauration avait été mal | faite, j'ai opéré des réglages. Pour ma première restauration d'un piano ancien, ce fut une expérience extraordinaire. » Une expérience renouvelée depuis auprès de nombreux artistes. Car Cyril Huvé n'était que le premier d'une longue série. Et un musicien tel que Paul Badura-Skoda n'a pas été le dernier à faire confiance à ce restaurateur autodidacte qui dit les choses simplement et prépare divinement bien les instruments. De même, Patrice Sauvageot a étroitement collaboré avec Claire Chevallier, la partenaire de Jos van Immerseel dans un superbe enregistrement de pièces à deux pianos de Saint-Saëns, Franck, Infante et Poulenc paru récemment (lire notre «coup de cœur » dans le numéro 38, page 86, ndlr). Pour cet enregistrement, la pianiste utilisa un Erard de 1905 (n° 87625) réglé dans les ateliers de Patrice Sauvageot. | Quelques années plus tôt, il avait préparé pour cette talenteuse musicienne un Erard de 1886 utilisé pour un disque consacré à Saint-Saëns, Liszt et Ravel. Le travail auprès des artistes intègre également la préparation du piano pour les concerts. Et Patrice Sauvageot tient à assister aux répétitions afin de tester l'acou-tique de la salle et l'aisance du musicien avec l'instrument. Souvent, à l'issue de la répétition, les pianistes refusent que le professionnel touche au piano car ils ont peur de retrouver ensuite un son différent pour le concert. Dans ces moments de « trac », tout doute est insupportable et les artistes - même s'ils ne sont pas pleinement satisfaits du piano - souhaitent conserver les sensations et les acquis de la répétition. Le technicien est alors d'abord confronté au refus du musicien qu'il doit avant toute chose persuader du bien- | |