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Restauration en cours par René Di Rollo (AARP) : Erard, Paris, 1869, piano à queue

La caisse de cet élégant piano de 7 octaves est en bois teinté d'un noir très profond qui met en valeur les motifs et les filets en or moulu (un aliage imitant l'or) de la ceinture et du couvercle. L'intérieur en citronier forme, lui aussi, un contraste agréable avec le noir de la caisse. L'instrument repose sur trois pieds en balustre à quatre facettes également décorés de motifs en or moulu. Il fut construit à la mort de Pierre Erard, l'inventeur de la mécanique à double échappement. Après sa disparition, la maison déclina progressivement. Ce piano, qui reçut une médaille d'Honneur à l'Expossition de Paris de 1867, fut réalisé à l'apogée du succès de la maison Erard (voir dans la section Articles l'ouvrage rédigé par Pierre Erard sur la Manufacture Erard vers 1850). Il s'agit d'un instrument exceptionnel, tant par sa beauté que par la plénitude et son émission sonore et bien évidement son intérêt musical.

 
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Ecrit par Administrateur du site   
30-03-2006
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Un restaurateur en Bourgogne : Patrice Sauvageot
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UN AUTODIDACTE DE LA RESTAURATION
 
  
 
fondé de son intervention. Dans certains cas, Patrice Sauvageot est également amené à corriger au piano certains défauts de la salle. Quelle est la complainte qu'il entend le plus fréquemment de la part des artistes quant aux instruments des salles de concerts ? « Sans doute craignent-ils plus que tout les pianos trop durs qui les empêchent de s'exprimer. Mais j'ai rencontré tous les cas de figure au cours de mes années de pratique. Et certains pianistes m'ont même formulé d'étonnantes requêtes. Ainsi, ce musicien qui me demanda de régler son piano de façon à ce que cela ne sonne qu'en écrasant les touches au fond du clavier. De quoi dérouter plus d'un pianiste qui tenterait de jouer sur cet instrument-là. Ce musicien était le virtuose Nikolai Demidenko. Pour d'autres pianistes, il s'agira de diminuer la course du marteau pour simplifier le toucher », nous explique Patrice Sauvageot.
Mais le travail auprès des artistes n'est qu'une composante de son métier et la majeure partie de son temps est consacrée à l'accord des instruments de particuliers ainsi qu'à la restauration qui demeure sa première passion. Patrice Sauvageot exé­cute ainsi les derniers gestes, après des mois de travail, sur trois instruments, trois Pleyel de 1842, 1844 et 1849. Pour les deux plus anciens, il s'agit de la toute pre­mière véritable restauration - même si les cordes et les chevilles ont déjà été chan­gées. Et le modèle de 1844 pourra sans au-
cun doute vibrer et résonner très bientôt dans un cadre historique plus qu'adapté. En effet, cet instrument appartient à des particuliers de Nohant qui souhaitent le mettre à la disposition du festival Chopin pour les concerts donnés dans la demeure de George Sand, à La Châtre. Et puisqu'il est parfois douloureux pour le restaurateur de laisser partir des instruments auxquels il s'est attaché, il est impératif d'entendre très vite un nouveau son. Aussi, bientôt, lorsque la dernière touche aura été appor­tée à ces trois pianos français, Patrice Sau­vageot s'occupera d'un Bechstein de 1870 et d'un Erard Londres en acajou qui atten­dent actuellement, au-dessus des ateliers, sous des couvertures, que le maître des lieux s'occupe de leur sort. Au fil des années, quelques modèles d'ex­ception sont passés entre ses mains ex­pertes. Ainsi cet Erard de 1837, le premier modèle avec double échappement. Alors qu'aucun professionnel n'acceptait de s'occuper de cette pièce rare - au risque de l'endommager définitivement - Patrice Sauvageot en a effectué une restauration complète. De même, il évoque avec en­thousiasme la splendide sonorité d'un Erard de 1838 venant de la même source que celui acheté par Cyril Huvé. Ce pia­no, dit-on, aurait peut-être été joué par Chopin car il se trouvait chez mademoi­selle d'Entremont à Paris. Le mystère est entier qui rend le travail de l'artisan si ex­citant. Et si gratifiant.
Un second souffle
Enfin, Patrice Sauvageot se souvient avec émotion de cet Erard de 1844 (signé Lyon 1844 0 et qui fut probablement le piano du fameux concert de la place Belcourt. Pièce immobile et silencieuse placée aujourd'hui dans les collections du Musée des instruments de musique de Paris, il ne résonne malheureusement plus, ne faisant pas partie des collections livrées occasionnellement entre les mains des artistes pour des concerts à visée « historique ».
De manière générale, s'il a pu rencontrer, dans son parcours, des pianos originaux non-restaurés, mais ayant subi des ré­glages et ajustement, au cours des décen­nies, Patrice Sauvageot n'a jamais été
confronté à un instrument original ayant ses réglages d'origine : «C'est plus que rare, sans doute impossible. Pourtant, cela nous permettrait d'examiner avec attention la fac­ture originale et les caractéristiques sonores d'une époque. Car les réglages d'origine se­raient révélateurs des volontés du facteur. » Depuis de nombreuses années, installé en
 
 
 
  

Dernière mise à jour : ( 07-04-2006 )
 
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