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Restauration en cours par René Di Rollo (AARP) : Erard, Paris, 1869, piano à queue

La caisse de cet élégant piano de 7 octaves est en bois teinté d'un noir très profond qui met en valeur les motifs et les filets en or moulu (un aliage imitant l'or) de la ceinture et du couvercle. L'intérieur en citronier forme, lui aussi, un contraste agréable avec le noir de la caisse. L'instrument repose sur trois pieds en balustre à quatre facettes également décorés de motifs en or moulu. Il fut construit à la mort de Pierre Erard, l'inventeur de la mécanique à double échappement. Après sa disparition, la maison déclina progressivement. Ce piano, qui reçut une médaille d'Honneur à l'Expossition de Paris de 1867, fut réalisé à l'apogée du succès de la maison Erard (voir dans la section Articles l'ouvrage rédigé par Pierre Erard sur la Manufacture Erard vers 1850). Il s'agit d'un instrument exceptionnel, tant par sa beauté que par la plénitude et son émission sonore et bien évidement son intérêt musical.

 
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Ecrit par Administrateur du site   
23-03-2006
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Un intérêt historique
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ImageDeux siècles d'histoire... une évolution de la facture unique...

C'est grâce au piano que se sont développés les métiers de virtuose ou de professeur de piano, refuge au XIXème des demoiselles pauvres mais de bonne famille. C'est la piano qui a stimulé la pratique amateur. Certes, entre les premières sonates pour " clavecin à fort et à doux vulgairement dit à petits marteaux " de Lodovico Giustini (1732) et le Concerto en sol de Ravel, créé exactement deux siècles plus tard, l'évolution des styles, des genres et des goûts pianistiques résulte d'une combinaison d'influences complexes dans laquelle interviennent l'esthétique et le social, la technique et l'économie.
Néanmoins, la part de la facture instrumentale, si elle ne fut jamais suffisante, demeura toujours nécessaire : qui imaginerait Maurice Ravel et Marguerite Long, l'un écrivant, l'autre exécutant le Concerto en sol sur le pianoforte de Cristofori ?
En cela, le piano se distingue de la plupart des " grands" instruments : c'est sur un Stradivarius de 1718 que Zóltan Székely créa, toujours en cette année de 1932, la 2ème Rapsodie de Béla Bartók.
L'un des seuls Critofori conservés, celui du Metropolitan Museum de New York (1720) a quatre octaves et demi, le Steinway 290 en a huit (sept et demi pour les pianos à queue classique) et dépasse largement avec ses harmoniques le registre perceptible par l'oreille humaine. Le Cristofori avait moins d'une cinquantaine de touches, le Steinway en a près de cent : le mathématicien autant que le compositeur apprécieront l'énorme différence dans le nombre et la nature des combinaisons sonores possibles. Les cordes, simples, du Critofori sont en cuivre, seul métal que l'on savait étirer à l'époque ; celle du Steinway, doubles ou triples, en acier tréfilé éventuellement recouvert de cuivre. Comme le cadre du Critofori était en bois, la tension ne pouvait être très forte et l'instrument demeura longtemps fragile.
Anton Reicha (1770-1836), compositeur et ami de Beethoven rapporta dans les premières années du XIXème siècle l'embarras qui était arrivé à son ami lors de l'exécution devant la Cour d'un Concerto de Mozart : les cordes cassaient, les marteaux s'embarrassaient et à tout moment le tourneur de page devait sauter à gauche et à droite du piano pour récupérer les débris et permettre la fin du concert…
S'il nous apparaît aujourd'hui contestable d'interpréter la musique baroque avec grand ensemble symphonique ou de jouer Bach au piano, de même le piano moderne, industrialisé et standardisé, se situe très loin des instruments sur lesquels ont composé par exemple Liszt et Chopin.



Dernière mise à jour : ( 07-04-2006 )