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Piano carré John Broadwood & Son, Londres, fin XVIIIème

Comme d'habitude chez Broadwood, le repérage exact par le n° de série de l'instrument relève du jeu de piste (Broadwood a changé plusieurs fois de numérotations et les archives ont brûlée... heureusement les indications John Broadwood puis John Broadwood and Son au singulier, puis au pluriel en fonction de l'établissement progressif de ses enfants dans la firme et enfin Broadwood au décès de John sont souvent plus sûres, notamment pour les pianos carrés, le système de numérotation de ces derniers étant différents des pianos à queue). En tout cas, pour celui-ci, aucun doute n'est permis. Cet instrument nous est arrivé en très bon état. Il s'agit d'une mécanique anglaise à simple pilote. Broadwood ayant réalisé son premier piano en 1771, la réputation de l'instrument ci-contre était déjà bien établie. Sa mécanique à simple pilote comporte un underdamper en cuivre breveté en 1783 : on le surnomma peacock damper (étouffoir paon) en raison de sa courbe gracieuse. Les pointes d'accroche sont à droite du piano tandis que les chevilles sont à l'arrière. Cette disposition produisait un timbre très agréable. Cet instrument enrichit la collection de Broadwood (un autre carré, même époque, intérêt pour la caisse et un queue de 1831, tous deux malheureusement n'ayant pas aussi bien traversés le temps).

 
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Ecrit par Administrateur du site   
24-03-2006
Avec l'invention de la dynamique, le crescendo et le decrescendo, la Révolution française a marqué avec l'avènement de la bourgeoisie le déclin du clavecin jugé trop aristocratique. En réalité, l'instrument commençait déjà à passer de mode au profit du pianoforte. Si l'Italie a continué a construire de clavecins de "scène" (pour l'Opéra) dont le rôle était purement ou presque figuratif, on croit souvent, presque à raison, que la grande manufacture française de clavecin a disparu dans la tourmente des différentes Terreurs révolutionnaires et des autodafés d'instruments aristocratiques. Ce n'est pas tout à fait le cas. Certains facteurs au XIXème siècle ont perpétué le savoir-faire pour de riches amateurs et la littérature musicale des XVIIIème et XVIIIème siècle n'était pas tout à fait ni méconnue ni ignorée. Vincent d'Indy n'est pas arrivé en terra incognita.
ImageNous vous présentons un instrument rare, mais avant d'en arriver au fait, en guise de mise en bouche, un extrait de l'excellent ouvrage de Jean-Pierre BROSSE "Le Clavecin des Lumières" aux éditions Bleu-Nuit éditeur collection Horizons :"Si la période révolutionnaire a brutalement marqué en France la fin du clavecin, symbole de l’Ancien Régime, nous verrons plus loin que le pianoforte avait depuis les années 1760 commencé à détrôner l’instrument des rois; et il en était de même dans l’ensemble de l’Europe, comme à Londres par exemple où Kirkmann signe un tardif dernier clavecin en 1809. Mais contrairement à une idée tenace et largement répandue, le clavecin ne disparaît pas complètement ni définitivement au XIXSe siècle: beau coup de propriétaires gardent pieusement le legs de leurs ancêtres, et à Paris certains restaurateurs comme Tomasini, Danti ou Fleury continuent de fabriquer quelques clavecins. Beaucoup de musiciens restent en effet sensibles au charme du vieil instrument et à son répertoire, tel Moscheles qui donne des récitals de clavecin vers 1837, ou Pauer dans les années 1860. Un élève de Chopin. le norvégien Thomas Tellefsen, dont le père appartient à la lignée des élèves de Bach par Kirnberger, aurait fait transporter son clavecin à pédalier à Paris, où, au milieu du siècle, il donne des concerts privés sur un clavecin historique. Anton Rubinstein lors de ses tournées aimait à consacrer ses récitals de piano en alternance au répertoire romantique mais aussi aux rares compositeurs français connus à l’époque: Daquin, Couperin, Rameau... Le Taskin de 1769 conservé à Edimbourg fut utilisé par Louis Diémer en 1860. Cet instrument fut restauré en 1882 par Louis Tomasini, et étudié par Erard puis par Pleyel qui devait en présenter une copie à l’Exposition universelle de 1889.

De son côté, Arnold Dolmetsch achète en 1890 un Kirkman, un virginal italien, un clavicorde allemand et une épinette. Ce qui lui permet de lancer la fabrication dès 1894 d’un premier clavicorde, et en 1896 d’un premier clavecin. Il accompagne les récitatifs de Don Juan à Covent Garden lors des représentations de 1897. On peut également citer, dans ces années 1880, les concerts-conférences donnés par AJ. Hipkins sur son Kirkman et son Shudi-Broadwood.

 

Il était alors envisageable de prolonger une tradition s relativement fidèle au siècle précédent lorsque surgit l’idée d’adapter au clavecin les progrès grandissants que connaissait le piano, de considérer comme modèle exclusif et définitif le type de clavecin allemand du XVIIème siècle sur fondamentale de seize pieds, alors que cet instrument était en vérité à l’époque fort peu répandu, et de lui assurer une légitimité en le baptisant Modèle Bach de Berlin, ceci dans la dernière année du siècle. La géniale pianiste polonaise Wanda Landowska connaissait parfaitement la facture ancienne des clavecins, mais elle avait surtout compris les limites que la bourgeoisie de ces années 1900, encore mal remise de ses Révolutions dans son récent engouement pour les marquises et le style Louis XV, était en mesure d’admettre en matière d’authenticité: jamais elle ne pourrait séduire le public qu’elle convoitait, gavé d’un siècle de romantisme, avec un instrument tout droit sorti du XVIIIème siècle. Elle supervisa donc l’élaboration d’un concept entièrement  original, hybride de multiples origines, alliant la subtilité des cordes pincées et la robustesse des pianos modernes et doté de pédales qui le rendaient susceptible de nuances. En habile femme d’affaires, elle s’accorda le parrainage de ce retour aux anciens en saisant inscire son nom en marqueterie sur tous les Pleyel qui sortaient en grand nombre des usines dès 1912, portant un peu abusivement le nom de clavecin. L’absolue perfection mécanique et le charme de ses multiples sonorités masquaient pour un temps la supercherie, à tout le moins l’intérêt pour la musique ancienne pouvait dès lors renaître grâce à de nombreuses sociétés savantes. D’autres firmes reprenaient la conception en la modernisant et par là même en l’éloignant toujours plus de l’authenticité : Erard puis Neupert en 1931, Gaveau en 1940, puis de nombreuses et tardives firmes dans les années 1950…

 

 

Image ImageL'instrument maintenant : Il s'agit d'un clavecin signé DANTI Paris construit probablement vers 1870/80 en état de marche.L'essor de la facture de piano au XIXème siècle ayant influencé la facure du clavecin, Danti s'est servi d'une caisse, des claviers et des pieds de piano forte pour construire cet instrument.Au début des années 1990, un facteur voulait transformer ce clavecin en piano forte, mais les spécialistes du Metropolitan Museum de New-York se sont opposés à cette idée. Caractéristiques :Deux claviers, trois choeur de cordes, trois registres 8' I ; 4' I ; 8' II accouplement.Instrument construit sans fond d'origine.Caisse en peuplier et sapin.Dimensions :Longueur 2,35m, largeur O,96m.Etendue : Fa O - Fa 5Commandes : à main. Tirettes en laitonTable d'harmonie : En résineux scié sur quartier, fil en diagonale, chevalets en hêtres.Sommier : Hêtre, parement et contre-parement plaqués hêtre.Sautereaux : Anciens en bois fruitier, languettes bois, soies laiton (complets)Bees : Cuirs dans les deux registres de 8' , Delrin dans le 4'.Registres : D'origine en bois.Cordes : Laiton et acier. En partie anciennes, en partie neuves.Tailles entre 95/100 et 24/100.Décor  : Vert bouteille, intérieur rouge, peinture en partie neuve. Retouches. Traces des filets dorés sur le couvercle.Pieds : 3 pieds type piano vissés dans l'instrument. Dorure ancienne dans les cannelures.

Barrage : Modifié de façon reversible. Il y a une barre supplémentaire.

Cet instrument est à vendre 

 

 

Dernière mise à jour : ( 07-04-2006 )
 
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