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Page 1 sur 5 Peu nombreux malheureusement sont les pianistes qui ont la curiosité de jouer ou la volonté de découvrir le répertoire romantique du XIXème siècle sur des instruments de l'époque. Heureusement, la vague croissante et le succès des pianofortistes a suscité une remise en question dans les "traditions" et les "écoles de pianos", bref, tout ce qui fait à la fois le garant de la transmission du geste d'un compositeur ou des interprètes supposés être dans la ligne (les écoles russes du piano, l'école française pour ne pas les citer, enseignées dans leurs conservatoires respectifs). En général ou jusqu'à présent, dans ces écoles, on ne prêtait guère d'attention "aux vieux clous" que pouvaient être les pianos du début du XIXème au début du XXème siècle. Certains concertiste, très peu il faut bien dire, depuis le début des années 80, ont commencé à s'y intéresser à titre personnel, sans forcément ni jouer en concert ni enregistrer. Pour plusieurs raisons : - le moment n'était pas forcément venu dans le sens où l'oreille le public, pas venu écouter un concert dans la mouvance "pseudo-baroque", dont l'oreille peu familiarisée aux sonorités "ferrailleuses" et formatée au son standard "Steinway" moderne, n'aurait pas compris ce qui se passait (lors d'un concert il y a quelques années de Paul Lewis, jouant sur un somptueux piano de concert ca. 1840, certaines personnes du publics se sont exclamées "mais quelle casserole", il faut dire que le piano connaissait des ennuis techniques dus à la climatisation de la salle),
- les maisons de disque elles-mêmes pour des raisons d'inertie et de marketing, ne souhaitant pas prendre de risque (merci les petits labels !),
- les pianistes eux-mêmes, par manque de curiosité et souvent par préjugé et absence de remise en question de leur enseignement (merci les travaux des musicologues et l'intelligence musicale !),
- les instruments eux-mêmes, dont la plupart, il faut bien dire, étaient injouables. Certains, Comme Daniel MAGNE, à Paris ont fait un travail de précurseur en ce sens (rappelons l'émission découverte avec Daniel MAGNE lors de l'expo de sa collection à l'orangerie de Bagatelle sur Frances Musiques en 1983 de mémoire ?). De plus, d'autres, comme Christopher CLARKE en Bourgogne a construit des copies exceptionnelles de pianofortes viennois, même si son travail ne concerne pas les instruments français du XIXème, ses travaux et publications ont fait et continuent de faire avancer le travail des facteurs actuels (copies, restaurations).
Notre objectif ici n'est pas d'être exhaustif. Nous attendons d'ailleurs vos réactions et cette page est en attente de complément. Nous citerons tout d'abord un pianiste français très engagé et courageux, Cyril HUVé, injustement et peu souvent cité parmi les pianistes français. Ce pianiste, enfin remarqué (nominé aux Victoires de la Musiques 2005) ne se contente pas de jouer le répertoire mais réfléchit sur les œuvres qu'il interprète et les instruments qu'il utilise. Il fait partie de ces artistes qui ont entièrement renouvelé la vision et l'écoute de la musique en utilisant des pianofortes ou des pianos historiques (pianos Érard, pianos viennois du XIXe siècle, Steinway historiques, etc.) en rapport avec les répertoires choisis. Il n'est pas innocent en effet de jouer les Ballades de Chopin sur un instrument qu'a pu connaître le compositeur à Paris en 1840 : la conception de l'œuvre, le style de jeu, la sonorité, etc. s'en ressentent. Par ailleurs, Cyril Huvé s'est attaché à faire connaître des œuvres ou des genres oubliés : c'est ainsi qu'il a enregistré l'Album d'un voyageur de Liszt (embryon des futures Années de pélerinage), l'intégrale des lieder du même compositeur, et qu'il a remis à l'honneur, en compagnie du comédien Daniel Mesguich, le genre perdu du mélodrame. Cyril Huvé se produit également en duo avec la violoniste Jorda Fleezanis. Les deux artistes ont enregistré l'intégrale des Sonates pour violon et piano de Beethoven (Cyprès, distr. Naïve) qu'ils interprètent par ailleurs à la salle de l'ex-ancien Conservatoire en octobre 2005. Pour ces musiciens, le jeu des instruments authentiques conduit à des choix déterminants dans la lecture des partitions, à une réévaluation de leur tempo et de leur caractère, avec une validité qu’ils souhaitent comparable à celle qu’on reconnaît aux interprétations sur instruments dits modernes. Cyril Huvé affirme le goût d'une action pour la musique de chambre au contact d'un public, dans une région, dans une relation culturelle de confiance avec des auditeurs : dans le Berry, au pays de George Sand, où il réside ; en Auvergne, dans le cadre de l’Académie qu’il dirige à La Chaise-Dieu ; et dans l’atelier du Pianoforte qu’il anime à Montmartre, Cyril Huvé emmène le public à la découverte de l’univers des musiques qu’il affectionne. Voir son site
 | Chopin : Scherzi et Ballades 1992 - EMI Classics |  | Schubert - Liszt : Le Chant du Cygne 1996 - Adès |  | Ludwig Van Beethoven : The Complete Pianoforte and Violin Sonatas 2003 - Cypres |  | Franz Liszt : Paraphrases sur Verdi 2001 - BNL |
On connaît l'immense personnalité de chef d'orchestre et pianofortiste qu'est Jos Van Immerseel. Originaire d'Anvers, c'est au Conservatoire Royal de cette ville que Jos Van Immerseel reçoit une formation complète couronnée, pour la première fois en Belgique, par un triple premier prix en orgue, en piano et clavecin. Ses professeurs furent Eugène Traey pour le piano, Flor Peeters pour l'orgue et Kenneth Gilbert pour le clavecin. Lauréat de plusieurs concours internationaux : Munich (lecture à vue), Anvers (Prix Mortelmans de composition, Prix Annie Rutzky en orgue) .. il se spécialise peu à peu vers le clavecin, le pianoforte et le piano, sans parvenir néanmoins à se limiter à un seul de ces instruments. Dans la classe de clavecin de Kenneth Gilbert à Paris, il obtient en 1973 le diplôme supérieur et la même année remporte le Premier Prix au Concours International de Clavecin de Paris. De retour en Belgique, il est nommé Professeur (clavecin et basse continue) au Conservatoire Royal d'Anvers.
Jos Van Immerseel est l'évidence même du talent. C'est une étonnante personnalité d'une intelligence aiguë et vive, d'une immense culture. A la fois concentré et détendu, analytique et intuitif, il a le sens du contact et abolit d'un seul coup la rigidité coutumière qui rend parfois les concerts trop tristes, si conventionnels. En tant qu'homme, Jos Van Immerseel apparaît comme un mélange de puissante énergie, de dynamisme et de volonté. Comme interprète, c'est le triomphe de l'invention, de la création. C'est un prodige constant d'indépendance à partir du respect des textes, de vitalité renouvelée à partir d'analyses fouillées et rigoureuses. Ce que l'on sait moins, c'est que Jos joue en général des copies d'instruments magnifiquement fabriquées par Christopher Clarke et qu'il a également enregistré il y a quelques années quelques disques sur pianos romantiques, la plupart sur piano Erard. Ces disques sont des merveilles, disponibles pour la plupart soit en import (sur internet) soit d'occasion. Jos possède une très belle collection d'instruments.  | Pièces à deux pianos (pianos Erard) - Saint-Saëns, Franck, Infante, Poulenc CD audio (26 septembre 2003) Nombre de disques : 1 Zig zag territoires; ASIN : B0000C8WY1 |  | Liszt: Pièces Tardives (piano Erard) CD audio (10 septembre 2004) Nombre de disques : 1 Zig zag territoires; ASIN : B0002LGW18 |  | Debussy: Préludes L117; Images inedites, L. 87 (piano Erard) [Import] CD audio (19 août 1993) Nombre de disques : 1 Channel Classics; ASIN : B000003UYA |  | César Franck: Harmonium [Import] CD audio (1 décembre 1995)
Ricercar; ASIN : B000004509 (indisponible) |
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