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Piano carré John Broadwood & Son, Londres, fin XVIIIème

Comme d'habitude chez Broadwood, le repérage exact par le n° de série de l'instrument relève du jeu de piste (Broadwood a changé plusieurs fois de numérotations et les archives ont brûlée... heureusement les indications John Broadwood puis John Broadwood and Son au singulier, puis au pluriel en fonction de l'établissement progressif de ses enfants dans la firme et enfin Broadwood au décès de John sont souvent plus sûres, notamment pour les pianos carrés, le système de numérotation de ces derniers étant différents des pianos à queue). En tout cas, pour celui-ci, aucun doute n'est permis. Cet instrument nous est arrivé en très bon état. Il s'agit d'une mécanique anglaise à simple pilote. Broadwood ayant réalisé son premier piano en 1771, la réputation de l'instrument ci-contre était déjà bien établie. Sa mécanique à simple pilote comporte un underdamper en cuivre breveté en 1783 : on le surnomma peacock damper (étouffoir paon) en raison de sa courbe gracieuse. Les pointes d'accroche sont à droite du piano tandis que les chevilles sont à l'arrière. Cette disposition produisait un timbre très agréable. Cet instrument enrichit la collection de Broadwood (un autre carré, même époque, intérêt pour la caisse et un queue de 1831, tous deux malheureusement n'ayant pas aussi bien traversés le temps).

 
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Ecrit par Administrateur du site   
29-03-2006
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Le musée de Limoux
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Pleyel n°81 (vers 1826)

Modèle unicorde, meuble en acajou flammé, cylindre tournant. Cadre en bois, cordes obliques, clavier 78 notes, 6 octaves 1/2 de Do à Fa. Mécanique à lames. Dimensions . largeur 133 ; hauteur 112 ; profondeur 56 cm. Pleyel dépose son brevet unicorde le 16 septembre 1825. Les 16 dernières cordes sont doubles. La pédale de gauche est inerte. Ce piano est le seul unicorde retrouvé au monde à ce jour.

Roller & Blanchet n°154 (1822)

Meuble en palissandre de type "pont ouvrant" à 180°. Cadre bois en tenon en V, clavier 78 notes, 6 octaves 1/2 de Do à Fa. Mécanique Roller & Blanchet à double échappement en bout de touche. Nous sommes en présence de l'un des plus vieux pianos droits français malgré la date inscrite à l'intérieur.

En 1964, le fondateur de 1’Afarp (1), André Chenaud, réunit quelques pianos représentatifs de diverses époques de la facture. A ses amis et confrères, il explique vouloir conserver et analyser ces instruments en attendant de les voir exposés dans une sorte de «musée de la rétrospective ». Nous sommes alors aux tout début de la prise de conscience de l’importance des pianos anciens en tant que patrimoine : André Chenaud récolte plus souvent des épaves que des pianos rutilants en état de marche. Près de quarante ans plus tard, les passionnés et artisans du piano ont fait progresser la conscience collective. De plus en plus de particuliers font restaurer dans les règles de l’art, ou même cèdent aux professionnels, des instruments qui, à l’évidence, méritent d’être dans un musée plutôt que dans l’humidité dévorante d’un vieux grenier. André Chenaud serait heureux de voir aujourd’hui son musée du Piano. II serait également sans doute étonné de découvrir que son projet a abouti dans la petite ville de Limoux, plus spécifiquement dans une ancienne église désaffectée. Mais là, c’est une autre histoire. Celle de passionnés qui ont mené ce projet à son terme.

La quête des murs

Lorsque André Chenaud disparaît, en 1983, aucune tentative n’a abouti et les villes sollicitées, en France comme à l’étranger, ne se montrent guère réactive. A l’époque, une quinzaine de pianos seulement forment, il est vrai, la collection destinée à être exposée. Et les trouvailles sont encore assez rares. Jacques Millioz, ancien directeur de l’usine Rameau d’Alès, et nouveau président de 1’Afarp, se saisit alors du dossier. Et trouve en la famille Daraud le soutien qui lui manquait. En effet, lors du décès du maître facteur de Carcassonne Henri Daraud, sa veuve avait légué à l’association l’outillage complet de son défunt mari, un ensemble absolu ment unique en France, et sans doute en Europe, un ensemble qu’elle souhaitait justement voir exposé dans un musée. Aujourd’hui, l’outillage a bien évidemment trouvé sa place au milieu des pianos de Limoux. Lors de ces premiers contacts, outre la veuve d’Henri Daraud, c’est son fils, Jean-François qui, très vite, va faire jouer ses relations parisiennes, notamment dans le show-business, pour faire progresser ce projet. Tenant à rendre hommage à son père et à favoriser l’installation du musée dans la région de Carcassonne, il lance l’idée lors d’une émission télévisée dominicale et prend parallèlement contact avec les institutions de la région. Malheureusement, Carcassonne n’y portera jamais d’intérêt prononcé. Pendant plus de trois ans, la municipalité, relative ment passive, laissera à Jean-François Daraud un espoir. Finalement envolé.

Contre toute attente, et par le plus grand des hasards, la ville de Limoux se déclare alors intéressée par le projet, que son député maire, Jean-Paul Dupré, soutient auprès du conseil municipal. II ne reste plus qu’à trouver un lieu. Une association locale, l’Audoise sociale et médicale, offre l’ancienne église Saint-Jacques, qu’elle destinait à un rôle culturel. L’acoustique est excellente, le lieu intéressant et suffisamment vaste. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer. A ce stade, un accordeur réparateur, membre de l’Afarp, Jean-Jacques Trinques, va porter à bout de bras, et avec une passion sans failles, le projet du musée et de son développement, faisant passer de quinze à plus de cinquante le nombre de pianos. En août 2000, il installe en l’église Saint Jacques cinq pianos de sa propre collection. Le premier à franchir le seuil de l’église est un Pleyel de 1840. Quelques mois plus tard, en octobre, les quinze pianos de la collection Chenaud arrivent enfin à Limoux, suivis de neuf instruments cédés par la célèbre maison Hamm. Presque deux ans après l’installation du premier piano entre ses murs, le musée sera enfin inauguré le 11 mai 2002. Unique accordeur de piano en Ariège, Jean-Jacques Trinques est le digne représentant de la sixième génération d’artisans dévoués à l’instrument roi dans sa famille. Ayant effectué son apprentissage chez Gaveau, il avoue une passion perpétuellement renouvelée pour tous les pianos et un goût particulier pour la fac ture française. Il est ainsi en train de mettre la touche finale à un ouvrage consacré à la maison Pleyel, dans lequel il expose une datation précise de la production de la marque entre 1807 et 1850. Le limai dernier, Jean-Jacques Trinques était bien évidemment au centre des festivités d’inauguration du musée du Piano. Outre la découverte des instruments, cette journée a également été l’occasion d’une conférence menée par le musicologue Jean Jacques Eigeldinger, l’historienne de la musique Catherine Michaux-Pradeffles et le pianiste François Verry. Au programme, l’analyse des relations entre facteurs de pianos, musiciens et compositeurs du début du XIX siècle.

 



Dernière mise à jour : ( 07-04-2006 )
 
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