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Page 3 sur 4 Dans la partie centrale de l’église, les grandes heures de la facture française sont largement représentées grâce à des pianos à queue Erard (notamment le n°13652 de 1837, un grand concert en palissandre avec double échappement et un cadre renforcé) et Pleyel (le plus ancien date de 1830). Les spécialistes s’amuse ront sans doute en trouvant là un piano de Gabriel Pleyel, le frère cadet du grand Ignace. Fâché avec son frère, Gabriel Pleyel fabriqua en effet de son côté, puis en association avec un certain Pujol, de 1827 à 1832. L’oeil du professionnel sera égale ment attiré par deux petits droits, un Roller et Blanchet et un Mercier (les deux premiers étant les maîtres du second), fabriqués dans les années 1830. Mais l’instrument qui peut être à juste titre considéré comme le plus intéressant historiquement et techniquement parlant est bien ce piano droit Pleyel, dont l’aspect extérieur «banal » cache le produit d’une évolution majeure de la facture. En effet, cet instrument unicorde (2) est le seul au monde, de cette marque et de cette disposition, à avoir été retrouvé. Si la plupart des unicordes connus sont des pianos carrés, beaucoup de ces instruments sont par ailleurs retournés, à l’époque, dans les ateliers pour y être transformés en bicordes! Joseph Klein n°1000 (1845) Piano console, meuble en palissandre, cadre en bois, tenon en V. Mécanique à lames, clavier 82 notes, 6 octaves de Do à la. |
Un grand carré et un piano à queue mouluré et marqueté, tous deux de marque Boisselot, un Pleyel à ornements dorés, plus loin, trois Erard Belle Epoque: nous approchons de la période où la musique mécanique connut son heure de gloire. Pianos pneuma tiques à rouleaux, modèles plus contemporains encore, et nous voilà face à un « Menuet Gaveau» des années 1930. Si la plupart de ces instruments ne sont pas restaurés, donc pas jouables, et si quelques périodes de la facture de piano ne sont pas encore représentées à Limoux, nul doute que la passion des membres de l’Afarp et des donateurs sache assurer de plus riches heures encore à ce premier musée public français consacré à l’instrument roi (3). En attendant, il était grand temps d’offrir à cet instrument fascinant un écrin permettant de diffuser les informations relatives à son histoire, d’enseigner le respect qui lui est dû et de conserver ce patrimoine rare. (1) Association française des accordeurs réparateurs de pianos. (2) Pleyel dépose son brevet unicorde le 16septembre 1825. (3) Limoux est situé à 20 kilomètres au sud de Carcassonne. Les renseignements concernant le musée du Piano sont à prendre auprès du syndicat d’initiative, au 04 68 31 11 82. Article paru dans « Piano le Magazine sept-oct 2002 n°30 »
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