| | teur ancien. Mais ces artisans-là, qui sont de vrais génies, se comptent à peine sur les doigts des deux mains, dans le monde entier, alors qu'il y a près de cinq cents facteurs aujourd'hui. » La restauration historique, du fait de sa complexité, fait face à de nombreux obstacles. Par exemple, il est très compliqué de trouver des instruments originaux, du même modèle que le piano à restaurer, et qui ne soient pas trop retouchés afin de savoir comment procéder dans le plus grand respect. Et Jos van Immerseel vient d'acheter un Bechstein de 1870 pour lequel ce problème précis se pose. Car tous les modèles de ce type ont déjà été « bricolés » et les archives de la manufacture allemande sont muettes. « Ainsi, nous ne savons pas, par exemple, si les marteaux étaient faits de plusieurs couches de cuir ou bien de feutre en couches successives ou encore un ensemble des deux, du feutre avec du cuir par-dessus... »,regrette-t-il. | Et le musicien flamand de nous présenter, un par un, avec une foule de détails techniques - preuve supplémentaire de sa très grande connaissance du sujet - les dix instruments qui sont au cœur de sa collection. Et bien sûr les facteurs qui lui ont permis de la constituer, année après année. Nous commençons notre visite guidée par deux clavecins, reproductions récentes de modèles anciens. Tout d'abord un instrument du facteur Matthias Grie-wisch, construit en 2001 à Bammental d'après Michael Mietke (ca. 1710, Berlin). Jos van Immerseel souhaitait depuis longtemps déjà intégrer un jour dans sa collection une création de ce facteur qui, selon lui, est l'un des plus exceptionnels du moment. Après avoir tergiversé de longs mois sur le type d'instrument à réaliser, les deux hommes se sont finalement fixés sur une reconstruction d'un clavecin de Michael Mietke, un facteur allemand qui travaillait à Berlin et qui, semble-t-il, | réalisa un clavecin pour Jean-Sébastien Bach qui le lui commanda pour la cour de Kôthen. « Bach est venu à Berlin et a acheté un instrument à deux claviers, nous explique Jos van Immerseel. On suppose d'ailleurs que le premier concerto pour instrument à clavier de l'histoire - c'est-à-dire le Concerto brande-bourgeois n° 5 - a été écrit sur cet instrument-là car Bach a composé cette œuvre un an après avoir reçu le fameux clavecin. Quoi qu'il en soit, pour réaliser un instrument d'après Mietke, il nous fallait des documents et des informations. Griewisch a donc recherché d'autres instruments réalisés à la même époque, par le même facteur et surtout, bien entendu, des modèles qui n avaient pas été retouchés. Nous avions connaissance de deux instruments attribués à Mietke et exposés à Berlin. Ces derniers ne sont pas signés, ce qui est normal puisqu'ils étaient destinés à un roi et que le nom d'un roi est plus important que celui du facteur. Puis Matthias | |