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La collection d'instruments historiques de Jos van Immerseel |
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Ecrit par Administrateur du site
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31-03-2006 |
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| | Chicago), acheté à la célèbre BBC qui l'utilisait pour ses émissions. D'emblée, le musicien s'assoit et nous entraîne à la découverte des multiples possibilités de ce « monstre » sonore. La plupart des instruments de cette collection - et tout spécialement les pianos Erard - sont utilisés pour les enregistrements d'Anima Eterna (il existe une collection « Anima Eterna » chez Zig Zag Territoires, ndlr). Outre les différences de toucher entre un piano historique et un piano moderne, les musiciens utilisant ces instruments rencontrent-ils des soucis liés à la notion d'interprétation ? Et qu'en est-il de la constitution de sa propre sonorité sur un instrument de la sorte ? Pour Jos van Immerseel, la notion d'interprétation est indissociable du choix du piano : « Un de mes amis pianistes s'est plaint un jour devant moi de ne pas pouvoir exprimer sa sonorité sur ces instruments car ils sont tous très différents ! Je lui ai répondu que ce n'était pas lui l'important mais ce qu'il jouait et que, dans cet état d'esprit, il était impératif de s'adapter à un piano et de créer sa sonorité encore et encore, à chaque fois. De même, à ceux qui disent que l'uniformisation du son actuelle est salutaire car elle permet de mettre en valeur non pas le son du piano mais les notes de la partition, je répondrai que, de toute façon, il y aura interprétation et que le pianiste - tout comme le ferait le son du piano -apportera quelque chose à la partition, donc cela est inévitable. Et de même pour les artistes qui déclarent qu'ils veulent que l'on entende à travers eux la partition et non pas leur jeu. Je dis que de ne pas interpréter est aussi une façon d'interpréter. Ne pas s'engager est un choix interprétatif. Chaque musicien qui | |
| | dit quelque chose est potentiellement recon-naissable. » Et Jos van Immerseel est un musicien bavard. Qui ne passe pas inaperçu. Sa vision musicale est exigeante. Mais il est bien plus qu'un simple nostalgique rejetant purement et simplement toute modernité en matière d'art. C'est un nostalgique optimiste : « Je pense qu'après la Seconde Guerre mondiale, en Europe, nous avons développé un rejet - bien compréhensible - du passé et de ce terrible choc vécu. Cela s'est traduit par un nettoyage brutal dans bien des domaines et notamment dans la musique. Nous avons jeté aux orties la plupart de nos pratiques et de nos traditions et, malheureusement, de bonnes choses sont parties avec elles. Mais je pense que nous re- | découvrons , au fur et à mesure, des éléments essentiels que nous tentons de réintégrer, tant bien que mal, dans nos schémas de pensée. » L'interprétation historique pourrait-elle faire partie de ces éléments nous réconciliant avec notre passé ? Et les instruments originaux tout autant que les copies d'instruments anciens ne constitueraient-ils pas un enrichissement pour la vie musicale de demain ? Dans un monde bien souvent régi par les notions de rentabilité, de marketing et de mondialisation, la fragilité d'un pianoforte et les centaines d'heures dévolues à sa création ne pèsent en effet pas bien lourd. Et si l'on anêtait un peu de courir vers le progrès pour prendre le temps de réécouter la musique... ♦ | |
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