La collection
Ecrit par Administrateur du site   
21-02-2000

Nous avons sélectionné dans la collection 26 instruments particulièrement remarquables afin d'illustrer notre propos. Vous trouverez tout d'abord un pianoforte assez curieux, puis une thématique par grande manufacture française : Erard, Pleyel, Pape et Gaveau. Ensuite, une présentation de quelques instruments curieux ou représentatifs de l'évolution de la facture française et enfin quelques instruments, principalement des Broadwood.

 

Piano carré Erhard 1784

c'est le pianoforte carré le plus ancien de la collection. Vraisemblablement, il s'agit d'un facteur de l'est de la France, qui n'a rien à voir avec Erard. Ebénisterie en acajou et chêne. Barre d'adresse en acajou avec des filets et cartouche en buis "Johannes Erard Wolder fecit Anno 1784". Touches en os avec front en bois travaillé.

 

Les grandes manufactures françaises

Manufacture Erard

Piano carré Erard frères de 1802

n° 5301. 5 octaves du fa au fa. Acajou et loupe d'orme. Sébastien Erard naît à Strasbourg le 5 avril 1752 et meurt à Passy un autre 5 avril, en 1831. Ce fils d'ébéniste construit son premier piano carré de 5 octaves 1/2 en 1776.

Piano carré Erard de 1827

fausse table d'origine, 4 pédales

Pianoforte Erard de 1822

n° 25 510. La mécanique est déjà de type  " double échappement ", mécanique brevetée vers 1821-22. Il possède encore sa double table d'harmonie, qui masque le plan de cordes.

Piano à queue Erard de 1833 ?

sans numéro de série "officiel" (marqué n°3, sans doute le troisième exemplaire d'une pré-série) vraisemblablement de 1833.

Erard, Paris, 1869, piano à queue

La caisse de cet élégant piano de 7 octaves est en bois teinté d'un noir très profond qui met en valeur les motifs et les filets en or moulu (un aliage imitant l'or) de la ceinture et du couvercle. L'intérieur en citronier forme, lui aussi, un contraste agréable avec le noir de la caisse. L'instrument respose sur trois pieds en balustre à quatre facettes également décorés de motifs en or moulu. Il fut construit à la mort de Pierre Erard, l'inventeur de la mécanique à double échappement. Après sa disparition, la maison déclina progressivement. Ce piano, qui reçut une médaille d'Honneur à l'Expossition de Paris de 1867, fut réalisé à l'apogée du succès de la maison Erard. Il s'agit d'un instrument exceptionnel, tant par sa beauté que par la plénitude et son émission sonore et bien évidement son intérêt musical.

 

Piano à queue Erard de 1924

Très belle ébénisterie, piétement de style Louis XVI, époque 1924. N°113255. Modèle très rare

Piano droit Erard système ODEOLA

autre modèle non photographié appartenant à la collection : ce piano s'ouvre "en portefeuille"

 

Manufacture Pleyel

Piano Pleyel droit ayant appartenu à la fille du banquier Léo, grand ami de Frédéric Chopin.

Celui-ci a pu être authentifié grâce aux correspondances et aux gravures d'époque. Frédéric Chopin a souvent joué sur cet instrument. (non photographié). (collection privée)

Modèle identique au dernier piano de Frédéric Chopin.

Ce grand Pleyel de 1849 est identique à celui que Chopin a eu à la fin de sa vie, en 1849. N° 12 939. 6 octaves 3/4 du Do au La. ébénisterie en acajou de Cuba. Oreilles très travaillées, pupitre sobre. Intérieur du cylindre : incrustation de filets en laiton, cartouche en bois clair portant l'inscription suivante :

"Médailles d'Or 1828 1834 1839 et 1844

Ignace Pleyel & Compie
Facteurs du Roi
27 à 29 Rue Rochechouard - Paris"

mécanique à simple échappement - cordes parallèles.

Pleyel 1839, demi-queue acajou flammé forme clavecin.

Un deuxième Pleyel n° 96300 sensiblement de la même époque figure dans la collection : année 1839, forme clavecin, il est en cours de restauration et date du même mois de fabrication que celui qui est exposé au Musée Chopin de Paris. (non photographié)

Pleyel 1849

Un autre Pleyel, identique au modèle photographié, n°97 597

Pleyel

Un autre Pleyel, n°93 421

(les photos présentées ne correspondent à un modèle plus récent)

Exceptionnel clavecin de concert de marque Pleyel ayant appartenu à la grande claveciniste Wanda Landowska (1877-1959).

Cet instrument était utilisé dans sa célèbre Ecole de Musique Ancienne à Saint-Leu-La-Forêt. Il a connu la création d'œuvres connues de Manuel de Falla (Concerto), Francis Poulenc (Concert Champêtre). La claveciniste (en photo jouant un clavecin Pleyel) a été contrainte d'abandonner son Ecole pendant la guerre et les troupes allemandes ont pillé sa demeure. Cet instrument a été caché dans un grand hôtel parisien, afin de le protéger des bombardement et de l'avidité des occupants. Malheureusement, une bombe a très gravement endommagé l'instrument, qui a récemment été entièrement restauré par René Di Rollo. Wanda Landowska n'est jamais rentrée en France, et l'instrument a ensuite été la propriété de Alain Vian (frère de Boris Vian). Les photos présentées sont celles d'époque.

Autres instruments Pleyel non photographiés :

  • Pianino Pleyel vers 1830 n°5 966 2 cordes par note pattes de lion
  • Piano droit Pleyel vers 1840 panneau chantourné
  • Piano carré Pleyel 1826

 

Pape

Piano Pape, 1820 environ.

Meuble en loupe d'orme. Il s'agit vraisemblablement d'un prototype qui a fait l'objet de recherches : le meuble a en effet été surélevé, la table d'harmonie a été modifiée, mais toutes les modifications sont d'origine. Ce facteur est né en Allemagne le 1er Juillet 1789 et mort à Asnières le 2 février 1875. Il est connu pour avoir créé toutes sortes d'instruments, jusqu'au piano - table octogonale.

Piano "cabinet " ou " secrétaire ", Pape, facteur du Roy.

Inscription du cartouche : "Pape - facteur de pianos du Roy - Rue des Bons Enfants n°19 et rue de Valois n°10 à Paris". Petit cadre  en fonte coulée. Piano console n°4633 de 1840. 6 octaves 1/2 de do à fa. Loupe d'orme. En 1809, Jean-Henri PAPE rentre chez PLEYEL et construit en 1828 son premier piano avec un cadre en fonte coulée. Il esa, pendant sa carrière, déposé environ 187 brevets et a formé de nombreux élèves, dont Carl Bechstein.

Autre instrument non photographié :

  • Piano carré Pape 1824

Maison Gaveau

Piano Gaveau, forme secrétaire (entre 1920 et 1930).

Le placage est insolite et présente un joli travail (coupe de fleurs centrale). La forme secrétaire est originale, puisque le couvercle se replie en son centre au moment de l'ouverture. C'est un instrument déjà très moderne dans sa conception, cadre métallique et cordes croisées. La maison Gaveau a toujours été renommée pour la qualité et l'originalité de ses meubles.

autre Gaveau non photographié :

  • Gaveau demi-queue

marquetterie chêne, buis et ébène, reposant sur un berceau à six pieds de style Louis XVI

 

 

 

Pianoforte et instruments représentatifs de l'évolution de la facture pianistiques


Vous trouverez ci-joint une série d'instruments, s'inscrivant dans l'histoire de l'évolution de la facture historique ou présentant un attrait régional lyonnais.
Piano carré Léonard Sÿstermans

Rue Notre-Dame de Nazareth n°26 à Paris. De style empire. N°1032, année 1825. 6 octaves du fa au fa, acajou et sycomore. En 1780, FESSARD formera plusieurs ouvriers et facteurs dont Léonard SYSTERMANS. "Nous avons vu de lui un piano à chevilles rectangulaires" (Mario PIZZI - Histoire du Piano)

Piano forte lyonnais de Samuel Wirth, rue de la Préfecture (maintenant rue de l'Ancienne Préfecture) à Lyon, entre 1824 et 1825. Les marteaux viennent frapper les cordes par dessus, à la manière d'un cymbalum (et non par dessous, comme pour la grande majorité des pianos à queue ou carré). L'intérêt est un accès très facilité à la mécanique, qui pouvait être aisément retirée pour des réparation ou des réglages éventuels. L'autre intérêt est de renforcer la solidité de l'instrument et de renforcer la tenue de l'accord, mais pose évidemment des problèmes de retour du marteau (ressort ou contrepoids). Ce principe de mécanique "inversée" a également été utilisé par Henri Pape dans tous ses pianos carrés.

un autre instrument lyonnais non photographié :

  • Piano carré Maroky, Lyon 1828

(lyre à quatre pédales)

Piano Bord (sans numéro apparent) 1855 environ

6 octaves 3/4 du Do au La. Intérieur du cylindre : incrustation de filets de laiton. Le cadre est peint et ornementé de motif floraux. Antoine, Jean-Denis Bord, fils d'un boulanger de Toulouse. En 1843, Antoine Bord s'installe et en 1845 il a produit quelque 1200 pianos (100 000 en 1900). Il se spécialise dans les petits instruments rafinés. Bord est renommé pour le soin et la décoration de ses instruments. La production s'est arrêtée vers 1925-30.

 

 

La collection de M. René Di Rollo possède un autre piano Bord identique à celui photographié

Piano cabine (transatlantique)

Piano Alphonse Blondel

clavier basculant, spécifique pour les cabines des transatlantiques  

Piano " bahut "

destiné à équiper les cabines des transatlantiques. Le clavier bascule pour permettre de jouer.

Piano transpositeur

Piano Blanchet & fils

Ebénisterie en palissandre de Rio : panneau du haut chantourné, pédales en bois. N° 891. Largement commenté dans les manuels de facture instrumentale. La maison Blanchet a déposé de nombreux brevets. C'est en 1829 que Nicolas Blanchet crée un modèle de piano transpositeur. Ce modèle de piano est équipé d'un clavier transpositeur. Le clavier se déplace à l'aide d'une petite clef qui se trouve au dessous du clavier, jusqu'à 5 tons au dessus ou au dessous de la note naturelle (utile pour accompagner les chanteurs ou d'autres instruments). Cadre métallique en éventail. N°891. 6 octaves 3/4 du do au la.

Piano Herding

6 octaves 3/4 du Do au La. Ebénisterie en acajou de Cuba flammé. Meuble et console très travaillés. Cartouche : "Herding - Facteur de Pianos _ Rue des Lices à Angers. 1847 Médaille d'Argent Exposition à Bordeaux - 1848 Médaille d'Or Exposition à Angers". Ce piano de la fin XIXème est l'exemple parfait de l'ineptie d'un petit facteur, basé à Angers. Le piano est " en fer ", i-e les chevilles sont rentrées en effet directement non dans un cadre en bois (classique), recouvert de fonte (moderne), mais bel et bien en fer. Des tirants à l'arrière sont supposés contre-balancer la tension des cordes, mais en réalité agissent a contrario  et déforme complètement le sommier. Ce piano, impossible à accorder, n'a vraisemblablement jamais fonctionné.

Pianos "pont"

Klepfer Epoque Restauration.

Cartouche : "Klepfer - boulevard Montmartre, n°1 à Paris. Breveté du Roi des Français et du Roi de Wurtenberg". Cet instrument s'ouvre comme un portefeuille pour permettre d'intervenir afin de remplacer des cordes. La mécanique est très originale et présente une innovation remarquable qui n'a jamais été reprise depuis : que l'on joue " fort " ou " piano ", le marteau revient systématiquement et très rapidement à sa position de repos, de manière très précise, permettant une très bonne articulation et répétition, même en jouant pianissimo. N°421, 6 octaves 1/2 du do au fa. Ce piano s'ouvre en deux parties (mécanique/clavier et sommier/table/cordes) à la manière d'un portefeuille, d'une part la mécanique et le clavier, et d'autre part le sommier, la table et les cordes.  Ebénisterie en acajou flammé de Cuba. Panneau du haut chantourné. 1 seule pédale.

Roller & Blanchet

"Roller et Blanchet - Boulevard Poissonières, n°10 à Paris. Brevetés de LL AA RR Madame et Mademoiselle". La partie centrale basse est encore plus dégagée que sur le modèle précédent. Les pédales se situent de part et d'autre de l'arche. N°529, 6 octaves 1/2 du do au fa. Cet instrument s'ouvre également comme un placard. La partie centrale basse est très dégagée. Les pédales se situent de part et d'autres de l'arche.

 

Une "curiosité"

Pianoforte Roller & Blanchet Fils

Cartouche "Roller et Blancher Fils - rue Hauteville, n°26 à Paris". En 1827, Roller s'associe à Blanchet et, la même année, ils exposent un petit piano de 1m de haut sur 1,30 de large (Mario Pizzi, Histoire du Piano). A l'époque, c'était le plus petit des pianos droits. N°2740, modèle n°57. 6 octaves 1/2 du do au sol. Leur activité cessera en 1851.

Broadwood (UK)

 

Piano carré Broadwood

Piano anglais de 1805.

Piano carré Broadwood 1792
Broadwood 1831

Grand pianoforte de concert, Broadwood, 1831, en cours de restauration. Le plan de cordes et la mécanique de cet instrument sont très proches du grand pianoforte de concert Broadwood joué par Beethoven.

  
Liste d'instruments complémentaires, non photographiés :
  • Pianoforte non répertorié
  • Pianoforte non répertorié
  • Pianoforte non répertorié
  • Vitrine complète d'outillages de facteur de piano, fin XVIIIème
  • Vitrine complète d'outillage de facteur de piano, fin XIXème
  • Ouvrages historiques divers, en édition originale, sur la facture de piano : 1830 - 1834 - 1850 - 1860
     
Une (toute petite) partie de la collection est aujourd'hui visible à la Résidence Villemanzy de Lyon, 21 Montée St Sébastien dans le 1er arrondissement de Lyon, mais nous vous remercions de prendre contact par téléphone pour toute visite au 04 78 23 33 92
Dernière mise à jour : ( 07-04-2006 )